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L’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas (1630-1684)

Rue Saint-Jacques

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Édifiée sur un terrain qui appartenait, dès le XIIe siècle, à l’Ordre hospitalier et militaire toscan d’Altopascio (le « Haut-Pas », près de Lucques, en Italie), l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas est le fruit d’une longue histoire. Les Frères hospitaliers y installèrent d’abord une commanderie, formant une halte sur le chemin du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, puis ouvrirent, au XIIIe siècle, un hôpital avec chapelle et cimetière. Malgré la suppression de l’ordre au XVe siècle, les Frères hospitaliers demeurèrent sur place. Au XVIe siècle, ils autorisèrent la population, qui s’était fort accrue, à fréquenter la chapelle, agrandie et embellie jusqu’en 1604. Les lieux furent alors attribués aux Bénédictins de saint Magloire, par décision de Catherine de Médicis.

En 1625, après l’installation d’une annexe de l’abbaye de Port-Royal-des-Champs dans la rue du Faubourg-Saint-Jacques, l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas joua un rôle important dans la diffusion du jansénisme. 

En 1630, Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, fit engager d’importants travaux pour agrandir la chapelle primitive. A la suite de ces nouvelles transformations, l’église, érigée en paroisse en 1633, fut « désorientée » par l’aménagement d’un nouveau chœur, se substituant à l’entrée. L’accès à l’église, consacrée à saint Jacques le Mineur et saint Philippe, s’effectua, dès lors, par la rue Saint-Jacques. L’influence du jansénisme explique les lignes pures, sévères et dépouillées de l’architecture de Saint-Jacques-du-Haut-Pas ; la sobriété du mobilier liturgique s’explique aussi par le vandalisme révolutionnaire de 1793. 

Faute d’argent, les travaux s’interrompirent jusqu’en 1675, puis reprirent grâce à la générosité de la duchesse de Longueville, protectrice de Port-Royal. L’architecte Daniel Gittard éleva une nouvelle nef, raccordée au chœur par un transept non saillant (1676-1683), puis une nouvelle façade, sur la rue Saint-Jacques.

Cette façade présente un portail dorique couronné d’un fronton triangulaire, dominé par une grande rose. Des deux tours carrées prévues par Gittard pour encadrer la façade, une seule fut édifiée.

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Les colonnes doriques du portail portent un entablement orné d’une frise à métopes aveugles et triglyphes, sous une corniche à modillons.

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Vue de la nef depuis l’entrée, vers le chœur

Comprenant quatre travées et flanquée de bas-côtés, la nef est bordée de grandes arcades voûtées en plein cintre. Des piliers cruciformes à chapiteau dorique encadrent ces arcades. Ces piliers supportent des pilastres à chapiteau corinthien qui s’élèvent jusqu’à la corniche. Au-dessus des fenêtres hautes, la voûte en berceau à pénétration est doublée de liernes plates rejointes par des bandeaux arrondis. Elle se combine à une coupole elliptique, qui coiffe la seconde travée de la nef.

C’est en revanche une coupole sphérique, à pierres de taille apparentes, qui couvre la croisée du transept, dont chaque bras est éclairé d’une rosace. Long et étroit, le chœur est formé de trois travées droites et d’une abside à cinq pans. Des piliers cruciformes bordent les premières travées du chœur, puis des colonnes à fût lisse et chapiteau dorique rythment les travées suivantes.

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Un pilastre du chœur

Dans le chœur, piliers et colonnes supportent des pilastres ioniques à chapiteau orné d’une coquille : ces pilastres se dressent entre les arcades en plein cintre qui délimitent le chœur et l’abside. Une corniche sépare les arcades et les fenêtres hautes formant des lunettes. 

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Vue de la nef, vers l’entrée principale

Curé de la paroisse entre 1756 et 1780, Jean-Denis Cochin fonda un hospice destiné à recevoir les malades indigents, qui prit le nom des saints patrons de la paroisse, puis celui d’ « hôpital du Sud » sous la Révolution et désormais celui de son fondateur, « hôpital Cochin ».

En 1780, Charles François Viel de Saint Maux plaça l’ancien jubé sur le revers de la façade qui, depuis 1792, supporte le grand orgue de l’église. Cet orgue provient de la chapelle Saint-Benoît-le-Bétourné, rasée en 1854 pour faire place à la nouvelle Sorbonne. 

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 La chapelle de la Vierge

En 1687, Libéral Bruant édifia une chapelle derrière le chœur, dédiée à la Vierge. Accessible par le déambulatoire qui contourne le chœur, cette chapelle a la forme d’un rectangle allongé, terminé par deux hémicycles couverts en cul-de-four.

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Le maître-autel de la chapelle de la Vierge

En 1868, un programme de décoration atténua la sobriété de l’édifice autrefois placé sous l’influence du jansénisme. C’est à cette occasion que la chapelle de la Vierge fut décorée. 

Des lambris en bois naturel ornent les parties basses des murs, qui reçoivent également un décor panneauté de marbre en trompe-l’œil. L’autel de cette chapelle est flanqué de colonnes à chapiteau corinthien. Ces colonnes supportent un entablement sur lequel repose un couronnement « en chapeau de gendarme » orné de pots-à-feu. La statue de la Vierge à l’Enfant écrasant le serpent occupe une niche légèrement creusée. Cette statue est un plâtre anonyme du XIXe siècle.

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La voûte de la chapelle de la Vierge

Le peintre Auguste-Barthélémy Glaize (1807-1893) réalisa les peintures de la voûte de la chapelle de la Vierge. Il représenta, sur les compartiments des cul-de-four, un fond bleu semé d’étoiles sur lequel se meuvent des anges portant les litanies de la Vierge. Il figura également la Sainte Trinité dans un grand oculus à fond d’or, bordé d’une épaisse moulure, à la clé de voûte. Comprises entre deux larges arcs en anse de panier, les voûtains de la travée centrale reprennent par ailleurs le décor à fond bleu semé d’étoiles.

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La chapelle Saint-Pierre

De nombreux tableaux et vitraux, offerts par des paroissiens fortunés, ornent désormais les murs et les baies des bas-côtés, du bras sud du transept, de certaines chapelles. En 1835, la famille de Baudicour offrit notamment le maître-autel et les tableaux de la chapelle Saint-Pierre. Un fort beau tableau de Jean Restout, représentant Le Repentir de saint Pierre, appartient au décor de cette chapelle.   

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