Inscription Aller à: [ recherche ] [ menus ] [ contenu ] [ montrer/cacher plus de contenu ]



L’église Saint-Etienne-du-Mont (1610-1628)

Place Sainte-Geneviève

00-011010

Famille des Pérelle

Vue de l’église Saint-Etienne-du-Mont et de l’abbatiale Sainte-Geneviève, seconde moitié du XVIIe siècle, estampe, 19,5 x 31,5 cm, château de Versailles.

Une abbaye dédiée aux apôtres Pierre et Paul, fondée en 502 par Clovis et son épouse Clotilde, près d’un cimetière où sainte Geneviève avait pris l’habitude de venir prier, s’étendait sur le mons Lucotitius (aujourd’hui la montagne Sainte-Geneviève). Elle comprenait plusieurs bâtiments, dont une abbatiale, où fut enterrée la dépouille de sainte Geneviève, morte en 512.

Dans la crypte de cette abbatiale, reconstruite sous le règne de Philippe-Auguste, une chapelle dédiée à la Vierge Marie, puis à saint Jean apôtre, fut réservée aux nombreux laïcs de l’abbaye. Son exiguïté rendit nécessaire la fondation d’une église autonome, autorisée, en 1222, par le pape Honorius III, et dédiée à saint Etienne.

Agrandie en 1328, l’église Saint-Etienne fut entièrement reconstruite au XVe siècle, sur un terrain consenti par les moines de Sainte-Geneviève (« Génovéfains »). L’abside et le clocher furent ébauchés en 1494, le chœur, achevé en 1537, et la charpente, posée l’année suivante. En revanche, la voûte de la nef ne fut pas achevée avant 1584.

De structure gothique et de style « flamboyant », comme en témoigne la clé de voûte très ouvragée de la croisée du transept, Saint-Étienne-du-Mont assimile également les apports italiens, très visibles dans la décoration du jubé. De même, sa façade mêle la tradition gothique aux nouvelles formes inspirées de l’antiquité. C’est Marguerite de Valois qui en posa la première pierre, en 1610. Elle fut tardivement achevée en 1622. 

SSATIMP01814061316110

Dessinée par Claude Guérin, cette façade s’articule autour d’un portail à trois niveaux superposés, en retraits successifs. Au rez-de-chaussée, le portique comprend quatre colonnes engagées, à fût bagué et chapiteau composite, orné de sculptures dans des niches et de reliefs. Les quatre colonnes engagées portent un entablement, couronné d’un fronton pointu.

Une rosace, flanquée de niches à sculpture, décore le second registre. Elle brise le fronton curviligne, renfermant les armes de France et de Navarre, accostées de deux anges, qui coiffe ce second niveau. Un pignon aigu, percé d’un oculus ovale encadré de divers ornements, domine l’élévation de la façade.

DSCF3016

Saint-Étienne-du-Mont et l’abbatiale Sainte-Geneviève, avec la procession de la châsse, 1882, Paris, église Saint-Étienne-du-Mont, chapelle et tombeau de Sainte-Geneviève

Sous la Révolution française, l’église fut fermée, puis transformée en « temple de la Piété filiale ». Rendue au culte catholique en 1801, elle fut séparée, en 1802, de l’abbatiale Sainte-Geneviève, jusque-là mitoyenne, mais démolie lors du percement de la rue Clovis. Le clocher de l’ancienne abbatiale, situé aujourd’hui dans l’enceinte du lycée Henri-IV, lui-même constitué d’anciens bâtiments de l’abbaye démantelée, a subsisté sous le nom de « tour Clovis ».

DSCF3007

Gabriel-Jules Thomas (1824-1905)

La Lapidation de saint Etienne, 1861, pierre, Paris, façade de l’église Saint-Etienne-du-Mont

Détruit pendant la Révolution, le décor sculpté de la façade principale fut reconstitué lors des travaux de restauration entrepris par Victor Baltard, entre 1861 et 1865. Au-dessus de la porte d’entrée, le relief du tympan arrondi représente La Lapidation de saint Etienne, par Thomas.

 

SSATIMP01814061316110

Le décor sculpté du registre médian

Le fronton triangulaire coiffant le portique du rez-de-chaussée illustre La Résurrection du Christ, par Debay. Les statues ornant les niches du registre supérieur furent sculptées par Joseph Félon (1818-1896), en 1862. Elles montrent l’archange Gabriel et la Vierge Marie de L’Annonciation.

DSCF3008

Auguste-Hyacinthe Debay (1804-1865)

La Résurrection du Christ (détail : les soldats endormis ou pétris d’effroi), 1861, pierre, Paris, fronton du portail de l’église Saint-Etienne-du-Mont

Conformément à l’Évangile de Mathieu, Debay disposa, près du tombeau, plusieurs figures de soldats : l’un, casqué, est endormi, les autres, brutalement tirés de leur sommeil, sont saisis d’effroi. 

DSCF3031

Vue de l’église Saint-Etienne-du-Mont, depuis la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève

Une petite tourelle à toit pointu couvert en ardoises se dresse au nord de la façade. Elle portait autrefois les armes de sainte Geneviève et une inscription rappelant les droits de l’abbaye royale sur l’église consentie par les Génovéfains. Une tour de clocher carrée se dresse également sur le flanc nord de l’édifice.

Édifiée vers 1500, la tour initiale ne devait être qu’un simple campanile, sans aiguille ni pointe : cette partie plus ancienne correspond aux baies ogivales, à la base de l’actuel clocher. Un registre supplémentaire, percé de baies en plein cintre, fut ajouté entre 1625 et 1628. Une fine tourelle d’escalier lui fut également accolée. Un petit portail, ajouté vers 1630-32, donne accès au bas-côté nord de l’église.

DSCF3009

Le pignon du transept nord

Les façades latérales et le chevet présentent avec des gargouilles, une suite d’arcs-boutants et de contreforts surmontés de pinacles. Les meneaux des fenêtres hautes donnent naissance à des remplages flamboyants. Les pignons du transept sont percés d’une rosace.

DSCF3010

La nef

L’église Saint-Etienne-du-Mont adopte la forme d’une croix latine, avec un transept non saillant. Elle possède une nef, flanquée de deux bas-côtés, qui s’élèvent pratiquement à la même hauteur de voûte, donnant à l’édifice l’aspect d’une église-halle.

De gros piliers séparent la nef et les bas-côtés. Réunis par des arcades en plein cintre, qui supportent une galerie de circulation ou « coursive », ils soutiennent les voûtes ogivales.

DSCF3026

L’élévation de la nef

La « coursive » en pierre filant à mi-hauteur est bordée d’une rampe à balustres qui, d’un côté, s’incurve devant chaque pilier, pour permettre la circulation. L’élévation des bas-côtés comprend deux niveaux : au rez-de-chaussée, une suite d’arcades en plein cintre, flanquées de piliers engagés, donne accès aux chapelles latérales ; à l’étage, de hautes fenêtres, visibles depuis la nef, s’élèvent jusqu’aux voûtes.

Contrairement aux arcades de la « coursive », qui se fondent dans les piliers, celles de l’étage retombent sur une tablette en pierre, soulignée d’un rang d’oves. Le même système est appliqué aux nervures de la voûte, qui forment des lunettes où se logent les fenêtres hautes de la nef.

DSCF3012

La clef pendante ou « fleuron » de la voûte du transept

Les nervures de la voûte se croisent régulièrement et retombent à l’extrémité des piliers. A la croisée du transept, les nervures de la voûte retombent en forme de pendentifs, dont l’un, très ouvragé, suspendu pratiquement au-dessus du jubé, forme une saillie de près de cinq mètres.

Ce fleuron se compose de plusieurs registres superposés : les nervures de la voûte aboutissent à une cohorte de têtes d’anges environnées de feuilles très découpées ; au-dessous, des frises de feuilles d’acanthe, de culots, de feuilles de laurier se succèdent et se glissent entre de petits anges représentés en figure entière et les ailes ouvertes. Semblant descendre vers la nef, ils maintiennent l’écusson décoré de l’Agneau mystique.

Les triangles curvilignes formés par les nervures sont par ailleurs décorés de diverses figures, représentant symboliquement les quatre évangélistes, de têtes d’anges et de rosaces sculptées. 

 

DSCF3011

Le jubé

Le jubé de Saint-Étienne-du-Mont est le dernier témoignage, à Paris, des clôtures qui séparaient la nef, où prenaient place les laïcs, et le chœur, qui était réservé aux clercs. L’architecture purement gothique de ce jubé, édifié en 1541, reçut une décoration clairement inspirée de la Renaissance.

DSCF3022

Soutenu par une arcade surbaissée en anse de panier, le jubé de Saint-Étienne-du-Mont possède à ses extrémités deux escaliers ajourés, qui s’élèvent en contournant par encorbellement le fût d’une colonne jusqu’à la tribune, puis jusqu’à la galerie longeant le chœur. Dans les écoinçons de l’arc, deux reliefs représentent des figures féminines portant palmes et couronnes.

DSCF3021

Deux portes latérales, édifiées vers 1600-05, attribuées à Pierre Biard (1559-1609), encadrent le jubé. Surmontées d’un fronton triangulaire, elles donnent accès au déambulatoire qui contourne le chœur.

La figure assise d’un jeune homme, demi-nu, une draperie lui couvrant les jambes, domine chaque porte latérale. L’un a les mains jointes en prière, le regard extatique. L’autre semble écouter l’office, la main posée avec emphase sur le cœur et le visage tourné vers la tribune du jubé. Sa chevelure crochetée de mèches volumineuses, sa discrète musculature, le léger contrapposto de son buste et les plis cassés de la draperie rappellent que Biard se rendit à Rome, étudia la statuaire antique et les sculptures de Michel-Ange.   

Le chœur en demi-ellipse est délimité par douze piliers cylindriques, également parcourus d’une coursive, vers laquelle mènent les escaliers du jubé. Édifié en 1537, le chœur est la partie la plus ancienne de l’église, pas exactement dans l’axe de la nef qui oblique vers le nord. Sans doute fut-il nécessaire de dévier légèrement l’édifice afin d’éviter qu’il ne bute contre le mur de l’abbatiale qui existait encore.

Desservie par le déambulatoire, la chapelle de la Vierge est, selon l’usage, située derrière le chœur. Elle fut agrandie, en 1660, sur une partie du petit cimetière situé derrière l’église. Cette chapelle s’apparente à une vaste rotonde, coiffé d’une voûte à nervures et éclairée de fenêtres hautes. De part et d’autre d’un autel architecturé, décoré d’une Vierge à l’Enfant, par Foyatier (1863), quatre grandes peintures, réalisées par Alexandre-François Caminade, illustrent quatre épisodes de la vie de la Vierge.

DSCF3020

La châsse de sainte Geneviève

C’est lors de la démolition de l’ancienne abbatiale, en 1802, que le tombeau de Geneviève fut placé à Saint-Étienne-du-Mont. C’est plus exactement un fragment de la pierre tombale ayant servi à l’inhumation de la sainte qui fut retiré de la crypte de l’abbatiale et transféré dans l’église au début du XIXe siècle. Enserré dans une enveloppe de cuivre dorée en 1853, le tombeau est placé au cœur d’un décor de style gothique flamboyant, qui s’ouvre sur la chapelle dédiée à la sainte.

 

DSCF3018

L’Arche de Noé

Bâti vers 1605, le cloître des Charniers, situé derrière l’abside, accueillaient les fidèles les jours d’affluence ou de grandes fêtes pour la communion. Il entourait, sur trois côtés, l’ancien petit cimetière ou « charnier » attenant à l’église : ses galeries sont formées aujourd’hui par le couloir menant à la sacristie, celui passant devant la chapelle des Catéchismes, édifiée par Baltard en 1857, et la salle des Mariages.

Plusieurs vitraux du XVIIe siècle, parmi ceux qui ornaient le cloître des Charniers, furent préservés et remontés dans les arcatures de la galerie faisant face à la chapelle des Catéchismes. Les thèmes mettent en parallèle des scènes tirées de l’Ancien et du Nouveau Testament. 

L’arche de Noé fait partie des scènes illustrant le vaisseau de l’Église. A la suite du déluge qui s’abattit sur les hommes, dont Noé avait dénoncé les mœurs dissolues, celui-ci bâtit, sur l’ordre de Dieu, une arche afin de sauver sa famille et toutes les espèces animales. Le registre supérieur du vitrail représente ainsi l’Arche de Noé, remplie d’animaux de toutes sortes (bœuf, lion, licorne…). L’Arche est accompagnée d’une colombe, tenant un rameau d’olivier dans son bec.  

DSCF3019

La multiplication des pains

La Multiplication des pains dans le désert représente, au registre supérieur, le Christ, accompagné, à sa droite, d’un enfant, qui porte deux poissons dans un panier, et à sa gauche, de l’un de ses disciples, qui présente cinq pains à sa bénédiction. Par la multiplication des pains, cinq mille personnes affamées purent se rassasier, laissant douze corbeilles remplies de pains.

.
 
12

Pêle Mêle |
voyageursap... |
voyageursaparistome4 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Picarré
| Le bonheur d'être simp...
| Chalonculture