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Le muséum d’Histoire naturelle au Jardin des plantes (1635/1793)

Place Valhubert

jardin roy culture plantes médicinales

Federic Scalberge

Jardin du Roy pour la culture des plantes médicinales, 1636, dessin, Paris, bibliothèque de l’Arsenal

En 1635, Louis XIII acquiert un terrain et une grande bâtisse en bordure de Seine, dans le faubourg Saint-Victor, pour servir au jardin des plantes médicinales que son médecin et botaniste Guy de La Brosse (1586-1641), soutenu par Richelieu, souhaite fonder. La grande bâtisse accueille alors l’intendance du nouvel établissement et un cabinet destiné aux premières collections du jardin royal. Cet édifice est plusieurs fois remanié et agrandi jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, avant de céder la place à un nouveau bâtiment, qui renfermera, au sein du muséum d’Histoire naturelle, la galerie de zoologie.

Aménagé sur des terres situées à proximité de la Seine, le jardin absorbe le vaste terrain de la terre d’Alez, où Nicolas Houël donnait, au XVIe siècle, des cours d’herboristerie, ainsi que la « Butte Coypeau », où se dressait, vers 1550, le moulin de La Tournelle. Le « Jardin du Roy » est inauguré en 1640 et ouvert au public. Il se caractérise alors par une grande perspective régulière qui, sur un axe est-ouest, descend vers la Seine.

Buffon par drouais

François-Hubert Drouais (1727-1775)

Portrait du comte de Buffon, 1753, huile sur toile, Montbard, musée Buffon

En 1739,  Georges Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788) est nommé intendant du « Jardin du Roy ». Il transforme le jardin médicinal en un établissement d’enseignement et de recherche et s’entoure de prestigieux naturalistes. Le « jardin du Roy » devient peu à peu un « jardin de collections » planté d’arbres, que le naturaliste faisait venir des quatre coins du monde.

A partir de 1771, Buffon parvient en outre à étendre la superficie de l’établissement. Il acquiert, en 1779, le « clos Patouillet », au sud de l’actuelle rue Buffon, qu’il échange en partie avec des terrains appartenant aux moines de l’abbaye Saint-Victor,  situés à l’est du jardin royal, allant jusqu’au bord de la Seine. Il se réserve quelques arpents dans le « clos Patouillet » (actuel îlot Buffon-Poliveau), de part et d’autre du lit de la Bièvre. Il s’empare, en 1787, de la propriété Magny, qui occupait le nord de la « Butte Coypeau ».

Buffon crée enfin la charge d’architecte du jardin royal, qui revient à Edme Verniquet (1727-1804) en 1774, avant d’échoir à Jacques Molinos (1743-1831), en 1794. 

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La gloriette du Labyrinthe 

Il fait également aménager des parterres à l’anglaise, en complément du jardin régulier : il transforme, vers 1786-88, la « Butte Coypeau » en un labyrinthe, constitué d’un chemin en spirale permettant au promeneur d’en gravir le versant. Les visiteurs impatients d’aujourd’hui se sont toutefois frayé des passages plus directs à travers la végétation !

Pour signaler le sommet de ce monticule, Buffon demande à Edme Verniquet d’ériger une gloriette, à la conception métallique inédite. Édifice circulaire, la « gloriette du Labyrinthe » se compose de huit colonnes, qui supportent une structure en treillis. Cette structure soutient un petit belvédère, sous une sphère armillaire simple et une girouette en forme de flèche pour indiquer le sens du vent.

En 1785, l’auteur de l’Histoire naturelle plantait un platane commun, qui occupe aujourd’hui le croisement de plusieurs allées du jardin à l’anglaise. Deux ans plus tard, il achetait la propriété Magny, sur laquelle se dressait un bel hôtel particulier, que Pierre Bullet avait, à la fin du XVIIe siècle, édifié pour Elisabeth Thomé (Le bâtiment abrite aujourd’hui le cabinet d’histoire du Jardin des plantes). L’année suivante, Buffon réalise un ultime projet : un nouvel amphithéâtre, confié à l’architecte Verniquet.

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L’amphithéâtre Verniquet (1787-88)

L’amphithéâtre de Verniquet était initialement un pavillon de plan carré avec, sur chaque grande façade, un léger ressaut abritant une porte encadrée de colonnes toscanes. Il comprenait un amphithéâtre semi-circulaire et une vaste salle rectangulaire destinée à servir de laboratoire, tous deux compris dans le carré du plan. En 1794, l’architecte Jacques Molinos ajouta les laboratoires en hémicycle sur les faces latérales et la face postérieure, voûtés en cul-de-four. Ces transformations permirent d’agrandir le grand amphithéâtre, qui devint le plus vaste de Paris.

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L’allégorie des sciences naturelles

Le tympan de l’amphithéâtre de Verniquet est orné d’un relief à sujet allégorique : une femme vêtue d’une tunique à l’antique lit l’Histoire naturelle, qu’elle tient grand ouvert sur l’un de ses genoux. Elle appuie le bras sur un globe environné d’un cactus, d’un coquillage et d’une amphore ; un aigle et un lion l’observent. Cette femme personnifie ainsi Les Sciences naturelles.

A la mort de Buffon, Louis XVI nomme Auguste Charles César de Flahaut de La Billarderie (1724-1811), peu sensible aux sciences et à l’horticulture. Au lendemain de la prise de la Bastille et à la veille de grands bouleversements, l’Assemblée nationale passe commande, le 20 août 1790, d’un projet de réorganisation, préconisant l’instruction du public, la constitution de collections et la participation à la recherche scientifique. L’instabilité politique maintient ce projet en veille.

En 1791, Flahaut démissionne et Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814) lui succède l’année suivante. En 1793, Joseph Lakanal (1762-1845), membre du Comité de l’Instruction publique, découvre le projet de 1790, qu’il soumet à la Convention. Le 10 juin 1793, celle-ci crée officiellement le Muséum d’Histoire naturelle.

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La rotonde des éléphants (1801-02)

Au muséum d’Histoire naturelle, deux savants prestigieux, opposés dans leurs théories, mettent en avant l’étude de la vie animale : Georges Cuvier (1769-1832) et Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire (1772-1844). C’est Geoffroy Saint-Hilaire qui, en 1794, crée la Ménagerie. Des abris en rondins, torchis et toits de chaume, inspirés de la ferme de Marie-Antoinette à Trianon, édifiés par Jacques Molinos, abritent alors les premiers pensionnaires de la Ménagerie.

En 1801-1802, Molinos élève également la rotonde des éléphants. Ce petit édifice en pierre et brique rouge, aux toitures couvertes de tuiles, adopte opportunément le plan d’une rosette de la Légion d’honneur.

 

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Une tortue géante

La rotonde est aujourd’hui entourée d’un jardin de verdure, clos d’une grille, où se détendent quelques tortues géantes.  

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Un oiseau de la grande volière

Au fil du XIXe siècle, plusieurs abris seront édifiés pour loger les pensionnaires de la Ménagerie et agrémenter la visite du promeneur curieux : une cage aux oiseaux de proie (1820-25), une faisanderie (1855), un reptilarium (1886).  

Le promeneur pourra en outre pénétrer dans la grande volière construite, en 1888, à l’occasion de l’Exposition universelle, et suivre un petit chemin jusqu’à un pont, qui offre un admirable point de vue sur l’envol de grands oiseaux.

En 1926, René Jeannel construira le vivarium, dans un style Art Déco que ce bâtiment partage avec la singerie (1936) et la fauverie (1937). Aujourd’hui, la découverte des grands mammifères, des oiseaux, des reptiles, des amphibiens, des insectes, crustacés et araignées de la Ménagerie permet de prendre conscience de la diversité du vivant, de sa beauté et de sa fragilité. La Ménagerie du jardin des plantes est ainsi un lieu de promenade et d’éducation.

Quelques animaux

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L’un des oryx d’Arabie de la Ménagerie

 Ongulé asiatique proche de l’antilope, l’oryx d’Arabie occupait, au début du XXe siècle, la péninsule arabique, le nord du Koweït et de l’Irak. Très menacé, l’oryx d’Arabie reparaît à l’état sauvage, grâce à des réintroductions effectuées. Les spécimens de la Ménagerie jouissent d’un grand enclos occupé par une souche d’arbre en son centre, muni d’un box de repos.

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Les vigognes de la Ménagerie

Les vigognes et les émeus de la Ménagerie se partagent le même enclos et s’accordent parfois les mêmes moments de repos. 

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Deux flamants roses de la Ménagerie

Au-delà d’un simple muret de pierre, dressé en avant d’un petit fossé, l’enclos des flamants roses attire tous les regards. Comme à l’état sauvage, les flamants roses de la Ménagerie (Phoenicopterus ruber) doivent leur couleur à leur alimentation, composée essentiellement de petits crustacés qu’ils mangent en filtrant l’eau grâce à leur bec particulièrement adapté.

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Vue d’ensemble des flamants roses de la Ménagerie

Ils se déplacent en « troupeau » et forment une « petite société » que l’on surprend souvent en grande conversation ! 

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Vue d’ensemble des flamants roses de la Ménagerie

 

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Un flamant rose s’éloignant

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La serre « australienne » : l’une des deux serres jumelles de Rohault de Fleury

Dans la première moitié du XIXe siècle, de multiples voyages d’exploration permettent d’enrichir considérablement les collections du Muséum d’Histoire naturelle, au point d’envisager la construction de nouveaux bâtiments. Depuis 1827, les visiteurs affluent pour voir « Zarafa », la girafe offerte par le Pacha d’Égypte Méhémet Ali, à Charles X. La « girafomania » est telle que le gouvernement alloue de nouveaux crédits au Muséum. 

Entre 1833 et 1837, Charles Rohault de Fleury édifie une nouvelle galerie de Minéralogie, premier bâtiment construit en France pour être destiné à un musée. Du côté du jardin, deux portiques monumentaux en marquent les entrées, à l’imitation d’un temple antique : chaque portique repose sur deux colonnes et deux pilastres d’angle cannelés, qui supportent un entablement couronné d’un fronton pointu à relief allégorique. La galerie de Minéralogie est par ailleurs remarquable pour sa grande nef intérieure, formée d’une succession de dômes vitrés soutenus par des colonnes monumentales à chapiteau corinthien.

De retour d’Angleterre, où il découvrit les serres de Kew, près de Londres, le même Rohault de Fleury élève, en parallèle à la grande perspective, deux serres jumelles, chauffées à la vapeur (serre mexicaine et serre australienne). Les deux pavillons en métal et verre sont disposés sur un soubassement en pierre meulière.

Édifiées entre 1834 et 1836, ces deux serres à structure métallique et feuilles de verre constituent une innovation importante, ne serait-ce qu’en raison du volume développé. La serre « australienne » est un peu plus tard complétée par des serres courbes, également en métal et verre, en remplacement de bâtiments plus anciens.

 

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La serre « australienne »

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Une fougère géante de la serre « australienne »

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La galerie de zoologie, aujourd’hui Grande galerie de l’Évolution

En 1877, Louis-Jules André (1819-1890) conçoit la galerie de zoologie, qui se compose d’une grande nef à charpente métallique reposant sur de fines colonnettes de fonte, éclairée par une verrière zénithale et entourée de balcons sur deux niveaux, et de galeries latérales, aménagées au revers de la façade « officielle » en pierre de taille. L’architecte de la galerie de zoologie masque ainsi la structure métallique, dont la conception est « moderne », par une façade « classique », qui se dresse au fond de la perspective du jardin régulier. Comme à la gare d’Orsay, cette façade est appliquée sur la longueur des galeries latérales ; celles-ci communiquant avec les balcons de la grande nef centrale.

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De l’extérieur, la façade comprend trois niveaux : un entresol agrémenté de petites fenêtres doubles, un rez-de-chaussée et un étage, percés de grande fenêtres rectangulaires légèrement cintrées. Des agrafes accrochent les fenêtres du rez-de-chaussée. Des médaillons portant les portraits en profil d’illustres naturalistes décorent des tables de pierre, disposées sous les fenêtres de l’étage, en correspondance avec leurs noms, inscrits sur la frise de l’entablement. Une niche à sculpture orne la travée axiale, au premier étage : elle abrite l’allégorie de La Science, sculptée par Eugène Guillaume en 1882. Assise sur un trône, cette figure drapée à l’antique consulte un grand livre ouvert, posé debout sur ses genoux.

Des colonnes à chapiteau corinthien séparent les onze travées de la façade, que flanquent deux pavillons latéraux, coiffés d’un dôme à pans coupés. Deux escaliers mènent à la porte d’entrée au rez-de-chaussée de chaque pavillon. L’étage forme une loggia bordée d’un balcon à balustrade de pierre, ouverte par une arcade en plein cintre. Une porte est ménagée dans le mur du fond.

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Le relief à thème animalier du pavillon sud

Le tympan de cette porte présente un relief à thème animalier, qui se loge sous un fronton pointu. Sur la travée du pavillon, la frise de l’entablement porte l’inscription « ZOOLOGIE ». Au-dessus, un attique orné d’un relief, avec les lettres « R F » pour « République Française », occupe l’espace sous le fronton appliqué à la base du toit. Une bordure moulurée, scandées de consoles à poinçon, relie l’attique des deux pavillons latéraux.

Deux avant-corps formant vestibule sont plaqués sur les petits côtés de la galerie. Ils comprennent une seule travée d’épaisseur et plusieurs niveaux : un entresol, un haut soubassement à refends, un étage noble et un attique. L’avant-corps sud donne aujourd’hui accès à la Grande galerie de l’Évolution. L’avant-corps nord reçoit le bâtiment moderne de la bibliothèque centrale du muséum d’Histoire naturelle.

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Les parterres du jardin régulier et la façade de la galerie de zoologie, désormais Grande galerie de l’Évolution

Tombée dans l’oubli, la galerie de zoologie est entièrement repensée en une galerie de l’Evolution. Un projet de réaménagement est élaboré et mis en œuvre en 1989, après la décision d’inclure la rénovation de la galerie de zoologie dans les grands travaux présidentiels, par François Mitterrand. Au cours de ce gigantesque chantier, la nef est creusée pour créer deux niveaux supplémentaires, puis comblée avec une structure métallique. La Grande Galerie de l’Evolution est inaugurée le 21 juin 1994.

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Le cortège des grands mammifères 

En entrant dans le bâtiment, le visiteur est d’abord happé par le squelette suspendu d’un grand cétacé, avant de pouvoir explorer les mondes marins. Il accède ensuite à la plateforme supérieure pour prendre conscience de la diversité du vivant. 

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Sur cette plateforme, la savane africaine est représentée par un long cortège d’animaux, menée par l’éléphant Siam, que suivent de grands mammifères terrestres : léopards, girafes, rhinocéros, hippopotames…. 

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La verrière lumineuse et sonore de la grande nef crée en outre une ambiance de savane tropicale : un jaune-orangé suggère une journée ensoleillée ; il vire au bleu profond, rompu d’éclairs à l’approche de l’orage, et au gris de plomb, avec l’effet d’une implacable pluie d’orage ; enfin, la verrière se découpe selon les couleurs de l’arc-en-ciel, au son de chants d’oiseaux et du barrissement d’un éléphant.  

Sur les « balcons » du pourtour, deux niveaux de galeries illustrent l’évolution de la vie et l’homme en tant que facteur d’évolution. De là, le visiteur peut accéder à la salle des espèces menacées ou disparues, qui occupe l’ancienne galerie des oiseaux de la galerie de zoologie : c’est à l’entrée de cette salle qu’une représentation réaliste et un squelette complet de Dodo sont présentés. Cette salle renferme également l’horloge exécutée par Robin en 1785, confisquée à la reine Marie-Antoinnette sous la Révolution.

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L’allée Buffon

Deux allées de platanes, ponctuées de bancs, encadrent les parterres du jardin régulier, de part et d’autre de la perspective centrale. L’allée Buffon s’élance de l’esplanade de Lamarck, longe la galerie de paléontologie et d’anatomie comparée, puis la galerie de botanique, jusqu’au croisement de l’allée des Becquerel. Le dernier tronçon de cette allée s’avance jusqu’à l’esplanade Milne-Edwards, sous le nom d’ « allée Haüy ». 

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La façade principale de la galerie de paléontologie et d’anatomie comparée

Entre 1892 et 1898, l’architecte Ferdinand Dutert bâtit la galerie de paléontologie et d’anatomie comparée. Cette grande galerie possède une structure métallique, masquée par des façades en maçonnerie. Son architecture « historiciste » mêle des éléments néo-roman (porche cintré du pavillon d’entrée) et néo-XVIIe (volume du pavillon d’entrée, dôme à pans coupés, grandes baies vitrées).

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Le sculpteur André-Joseph Allar (1845-1926) a conçu le haut-relief du fronton carré et arrondi, qui se détache sur la toiture d’ardoises du dôme. Ce relief s’articule autour d’une figure principale, symbolisant La Paléontologie, seulement vêtue d’une draperie, dont l’une des mains est appuyée sur un grand coquillage fossilisé.

Le rythme des longues façades de la galerie est interrompu par un pavillon en ressaut d’une seule travée, qui sépare deux parties égales, chacune composée de six travées. La pierre claire employée pour le soubassement, les voussures du portail d’entrée, l’arc mouluré et le chambranle des fenêtres, l’entablement séparant chaque niveau, ainsi que certains éléments sculptés, se détache sur la couleur brune des murs.

Après 1930, un gros pavillon est ajouté à l’extrémité ouest de la galerie de paléontologie, reprenant les caractères du bâtiment d’origine, destiné à abriter des laboratoires. 

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Louis-Ernest Barrias (1841-1905)

Les Chasseurs d’aligator, 1900, bronze, Paris, jardin des plantes, façade latérale de la galerie de paléontologie et d’anatomie comparée

De grands reliefs en bronze décorent la façade tournée vers le jardin : ils représentent Les Chasseurs d’aigle, par Jules Coutan (1848-1939), et Les Chasseurs d’aligator, par Louis-Ernest Barrias.

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La galerie d’anatomie comparée

  En franchissant le porche, le visiteur pénètre dans un vestibule d’entrée, où se trouve un grand groupe sculpté en marbre d’Emmanuel Frémiet, représentant Un orang-outan étranglant un sauvage de Bornéo (1895). Il accède ensuite aux collections, présentées sur plusieurs niveaux : la collection de la galerie d’anatomie comparée, rassemblant près d’un millier de squelettes, au rez-de-chaussée, et la collection de la galerie de paléontologie, présentant de nombreux fossiles de vertébrés (notamment de dinosaures), à l’étage. 

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La galerie de paléontologie : les cétacés

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Les balustres de la tribune du rez-de-chaussée

La tribune, les escaliers menant aux étages et les balcons des niveaux supérieurs sont bordés de garde-corps à motifs d’iris et de fougères, dans un style « Art Nouveau ».

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La galerie de paléontologie

La galerie de paléontologie est couverte d’une verrière, qui permet un éclairage zénithal. Elle est ceinte d’un balcon, depuis lequel le visiteur peut jouir d’une vue d’ensemble sur les fossiles de vertébrés. Depuis ce balcon, le visiteur peut redescendre dans le vestibule d’entrée en empruntant un grand escalier.

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vue de la galerie de paléontologie, vers l’escalier redescendant vers le vestibule d’entrée

Des deux « chevauchées squelettiques », celle des dinosaures ravit les enfants, qui s’amusent à identifier les différents fossiles semblant prendre vie sous leurs yeux : le Triceratop, l’Allosaurus, le Pterodactyle ou le Diplodocus.

Dans les vitrines de l’étage, le visiteur peut aussi admirer plusieurs fossiles d’invertébrés, conservés dans des vitrines.

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Deux fossiles de dinosaures…particulièrement effrayants !

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Louis Holweck (1861-1935)

Monument à Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, 1907, bronze, Paris, Jardin des plantes

Plusieurs monuments commémoratifs ont été élevés au jardin des plantes en mémoire des grands naturalistes, fondateurs du muséum d’Histoire naturelle. Les statues de bronze de Buffon et Lamarck se dressent par exemple à l’est et à l’ouest de la perspective des parterres du jardin régulier.

Sous les frondaisons du platane de Buffon, le Monument à Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre rappelle, dans un cadre de verdure luxuriant, que le botaniste-romancier assura l’intendance du jardin des plantes. Le monument, issu d’un legs du voyageur et philanthrope Charles-Eugène Potron (1832-1904), est confié au sculpteur Louis Holweck, qui représente Bernardin de Saint-Pierre en médiation, la tête appuyée contre le poing ; l’autre main marquant la page d’un livre, attribut de l’écrivain. Devant le socle du monument, Holweck place en outre les figures de Paul et Virginie, avec le chien Fidèle, héros du roman éponyme publié par l’écrivain en 1789. 

Le Monument à Bernardin de Saint-Pierre est inauguré le 17 octobre 1907. A cette occasion, Melchior de Vogüé, de l’Académie Française, prononce un discours dans lequel il loue l’auteur de Paul et Virginie, et se félicite que l’homme soit désormais honoré au Muséum :

« Les Études de la Nature avaient charmé des esprits préparés par Rousseau ; le dernier tome, publié en 1788, subjugua tous les cœurs : il contenait l’histoire de Paul et Virginie. C’était la vieille églogue de Daphnis et Chloé, rajeunie, épurée par un déisme vertueux, située dans un paysage d’enchantement, achevée par une catastrophe tragique. Tout ce qu’il y avait de sensiblerie un peu naïve dans les dissertations scientifiques du naturaliste se transformait là en un sentiment tendre et vrai, convenable à ces deux beaux enfants; et leur infortune subite arrivait juste à point pour arracher des larmes au lecteur. Ces larmes, toute la France les versa, depuis la reine Marie-Antoinette jusqu’aux filles du peuple.

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Détail du Monument à Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre : Paul et Virginie

Aujourd’hui encore, après plus de cent ans, la petite ouvrière de nos faubourgs pleure sur Virginie, abîmée dans les flots sous les yeux de son ami. Le couple du quartier des Pamplemousses a pris une vie réelle et indestructible dans l’imagination populaire. Entre tous les héros du monde légendaire, Paul et sa compagne sont ceux qui ont le plus souvent inspiré nos peintres, nos graveurs, les décorateurs du palais et de la chaumière.

(…) 

À la nouvelle organisation de l’Institut, en 1803, un savant de la section de mécanique, le citoyen Bonaparte, estima que les rêveries de son confrère n’avaient rien de scientifique, ni de moral, ni de politique. Il transporta M. de Saint-Pierre dans l’Académie française, qui renaissait sous le nom de classe des lettres. La postérité a jugé comme le Premier Consul. C’est le poète en prose qu’elle glorifie.

(…) 

Elle sait que toute la magie descriptive des romantiques était en germe dans l’œuvre de Bernardin, continuée et amplifiée par l’imagination de Chateaubriand. Lecteur passionné de Paul et Virginiele jeune solitaire de Combourg reçut de son devancier la révélation du monde exotique et du parti littéraire qu’on en pouvait tirer. Atala ne serait peut-être pas née, si Virginie ne lui eût fourni un modèle, un cadre, des couleurs déjà préparées. Chateaubriand emprunta même à son premier maître l’adroit procédé qui avait si bien réussi, comme lui, il insinua la légère idylle dans un gros ouvrage didactique ; et comme les Études de la Naturele Génie du Christianisme prit son vol, porté par l’aile victorieuse d’une aimable fiction. Depuis le grand René jusqu’à notre Pierre Loti, tous les écrivains du siècle qui a fait une si large place au pittoresque, à l’exotisme, à la couleur locale, — tous sans exception doivent à Bernardin l’instrument qu’ils ont perfectionné.

C’est pourquoi notre Compagnie réclame avec une fierté jalouse le père de Paul et Virginie. Elle vous rend, Messieurs du Muséum, l’auteur des Études et des Harmonies de la Nature. Il est bien à sa place dans l’ancienne et illustre maison où il rentre.

(…)

Il est à sa place dans ce Jardin des Plantes, asile et paradis des petits enfants qui viennent s’y former une idée de l’univers (…). »

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Henri Greber (1855-1941)

Le sculpteur animalier Emmanuel Frémiet, 1913, bronze, Paris, jardin des plantes

Au sud de l’esplanade de Lamarck, un monument rend également hommage au sculpteur animalier Emmanuel Frémiet, représenté travaillant au modèle du Dénicheur d’oursons (1885), dont le grand bronze orne le parterre opposé. Les deux reliefs évoquent l’œuvre de Frémiet : ils représentent une Jeanne d’Arc à cheval et un Chasseur d’ours.

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Le jardin alpin

En 1640, Guy de La Brosse avait déjà créé un « jardin des plantes de montagne », que Buffon fit agrandir et embellir au XVIIIe siècle. Installé à l’emplacement du carré des couches, l’actuel jardin alpin (alpinum) existe sous sa forme actuelle depuis 1931.

C’est un jardin de collection réunissant des plantes de haute, moyenne et basse altitudes de France et du monde. Les jardiniers sont parvenus à reconstituer un micro-climat favorable aux plantes collectées : le jardin alpin, conçu en dépression par rapport à la Ménagerie et aux allées du jardin régulier, se développe au creux d’une cuvette abritée par des massifs forestiers. 

Afin de reconstituer la période de repos, sans pluie et à l’abri du gel, indispensable à certaines plantes de montagne, les jardiniers étendent des bâches, dès l’automne : elles se substituent au manteau neigeux qui les protège du froid dans leur milieu naturel d’origine.

 

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Rocailles et petit ruisseau du jardin alpin

Le jardin alpin recrée un agencement se rapprochant de la réalité montagneuse (avec des rochers et des ruisseaux) au lieu de présenter les plantes en plates-bandes comme c’était le cas pour les présentations systématiques. Les végétaux sont associés par milieu biogéographique, ce qui constituait alors une nouveauté. 

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Le week-end, le visiteur pénètre dans le jardin alpin par la petite grille située près du platane de Buffon. Dans ce jardin de collection, les visiteurs sont priés d’emprunter les allées et de respecter les plantes et les étiquettes. 

La promenade débute par conséquent sur un chemin dallé, qui serpente entre les parterres de plantes des bords de torrents et de cascades. Ce chemin enjambe un cours d’eau au délicieux clapotis, qui chute en cascade. Au début du mois de juin, un splendide massif de reines-marguerites des Alpes conclut cette première incursion. Une allée de gravillons propose de poursuivre le parcours, voisinant les plantes de tourbières et les plantes insectivores.

 

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Cette allée passe à proximité d’un bassin circulaire aux nénuphars Nymphaea « Escarboucle » : leurs belles fleurs amarantes, aux pétales externes teintées de blanc et aux étamines orange foncé, contrastent admirablement avec les grandes feuilles vertes posées à la surface de l’eau.

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La fleur du nénuphar Escarboucle est absolument splendide !

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Fleurs des montagnes du jardin alpin

Un peu plus loin, un parterre de rocailles très accidenté présente la flore d’Amérique du nord, qu’un petit chemin en hauteur permet de traverser.

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Prairie semée de pavots de Californie

Dans ce parterre, l’ Eschscholzia Californica (pavot de Californie) frappe par sa couleur orangée très vive et lumineuse. 

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Pieds-d’alouette ou Delphinium de couleur bleue et mauve

En semaine, l’accès au jardin alpin s’effectue par le souterrain situé dans l’enclos de l’École botanique. 

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La serre des forêts tropicales et humides

Entre 1930 et 1935, un nouveau bâtiment sort de terre, grâce à l’aide de la Fondation Rockefeller : la galerie de Botanique. L’édifice, de style « Art Déco », bâti le long de la rue Buffon, entre les galeries de minéralogie et de paléontologie, abrite l’herbier du muséum, sans doute le plus vieil herbier du monde.

Du côté des serres, des transformations sont programmées à la même époque. Entre 1881 et 1889, Louis-Jules André avait érigé le premier jardin d’hiver du Muséum. En 1934-35, l’architecte René Berger (1878-1954) élève un nouveau jardin d’hiver, également de style « Art Déco » : c’est l’actuelle serre des forêts tropicales humides, qui aboutit à la serre « mexicaine » de Rohault de Fleury. 

La structure métallique de la serre tropicale repose sur des portiques cintrés en tôle pleine. Deux piliers cylindriques encadrent le porche d’entrée de cette « cathédrale » de métal et de verre. Un large escalier mène à un premier palier, puis quelques marches supplémentaires, à un vestibule ouvert, délimité par une clôture à portillons. Une petite porte latérale permet d’entrer dans l’atmosphère chaude et humide de la serre.

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La grotte de la serre des forêts tropicales et humides

Un rocher artificiel renfermant deux salles superposées, accessibles par des escaliers, permet de jouir d’un panorama complet sur les plantes de la serre. De là, le visiteur accède directement à la serre « mexicaine ».

serre tropicale 1

Les plantes luxuriantes de la serre tropicale

Les végétaux plantés proviennent de toutes les zones du globe à climat équatorial et tropical humide : grands arbres (ficus, palmier des Bermudes), petits arbres et arbrisseaux, grandes herbacées (bananiers), petites herbes du sous-bois, lianes et plantes épiphytes (plantes qui poussent en se servant d’autres plantes comme support). 

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